Si on peut aisément comprendre le souci de précision d’un amateur horticole qui distingue les jardins à la française, à l’anglaise, à l’italienne, etc., on peut également s’émouvoir de la floraison d’abus de langage chez les propriétaires d’un terrain plus ou moins agrémenté de plantations. Alors, comment distinguer l’un de l’autre type de jardin ?
C’est à Vaux-le-Vicomte puis à Versailles que Le Nôtre conceptualisa le jardin à la française tel qu’on le conçoit aujourd’hui. Le paysage jardinier devenait œuvre d’art, maîtrise absolue de la nature avec ses parterre de broderies de buis à compartiments, ses lignes épurées et symétriques, ses perspectives infinies, ses topiaires, ses bassins, ses fontaines.
Le jardin anglais (et non à l’anglaise, nuance) prend sa source à la conquête romaine au premier siècle de notre ère. Mais c’est le XVIIIe siècle qui marqua l’aube de ce qu’on appelle aujourd’hui le jardin à l’anglaise : pas d’architecture rectiligne mais des sentiers tortueux, plus de parterres mais du gazon jusqu’au seuil de la demeure, arbres en bouquet et non plus alignés, lacs arrondis et non plus bassins, espaces infinis et non clos.
Quoiqu’il en soit, un jardin, par essence, se montre forcément l’antonyme de la nature, quelle que soit son inspiration. Nonobstant cela, selon que la géométrie et l’arrangement forcé feront loi ou que l’esprit « naturel » sera conservé, on parlera respectivement de jardins à la française ou à l’anglaise.



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