Entre le vivier piscicole originel et la piscine phallique tapissée d’oursins de Salvador Dali en passant par le bassin olympique de nos sportifs, il ne sera pas facile d’opérer une liaison lexicale, même si l’eau reste commune. Car la piscine a connu, depuis la probatique de Jésus, de nombreux avatars historiques qui méritent notre intérêt.
Nos dossiers
Les mots ont un sens
La piscine, une histoire de bassins.
La table à manger, une rareté historique.
Est-ce l’envie d’un retour à la simplicité, d’imiter les Anglo-saxons, ou toute autre raison culturelle, qui conduit les Français à bouder de plus en plus la table familiale au moment des repas au profit d’un coin de siège ou d’un plateau posé sur les genoux ?
Le lit, une histoire de tout repos.
Meuble inhérent à la condition humaine qui exige un repos quotidien, le lit a connu de nombreux avatars tout au long de notre histoire, depuis l’amas de feuilles éparses servant de couche à l’homme préhistorique jusqu’au waterbed cher aux Américains en passant par le convertible de nos habitats modernes. Comme on fait son lit on se couche, dit l’adage, rendant ainsi compte d’une réalité toute prosaïque : rien ne vaut un bon lit.
Un legs en héritage.
Bonne nouvelle généralement accompagnée d’une mauvaise, et inversement, l’héritage se voit rarement l’objet de discussions anodines au coin du feu. Un sujet peu conforme au politiquement correct du XXIe siècle, parce que l’ombre de la grande faucheuse plane autour de biens mal acquis. Alors, legs ou héritage, donation et succession, autant de termes qui précisent une transmission de valeurs, que ces dernières soient immobilières ou mobilières.
L’immeuble, une simple histoire de niveaux ?
Si la langue française contemporaine ne souffre aucune ambiguïté quand il s’agit du substantif immeuble, à savoir un bâtiment divisé en appartements d’habitation, une acception qui prévaut depuis la deuxième moitié du XIXe siècle, on peut rapidement sombrer dans la confusion dès lors qu’il s’agit d’opérer quelques distinctions.
Les experts amis, amis de la justice.
Quand on sait l’extraordinaire complexité du droit, comment pourrait-on exiger d’un juge qu’il se montre également rompu à toutes les techniques et autres technologies d’avant-garde ? D’où son besoin, avant de trancher un litige, de faire appel à des personnes expérimentées dans une science, un métier, un art.
L’aventure de l’éclairage domestique.
Si les écologistes post-modernistes se satisferaient bien de la seule lumière solaire et de quelques bougies, on se doute que, depuis la nuit des temps, l’humanité n’a eu de cesse de rompre des ténèbres inquiétantes. Et la solution naquit avec la maîtrise du feu qui non seulement apportait chaleur et outil de cuisson mais aussi un éclairage rassurant.
Le cagibi, un débarras réduit…
Si le vocable cagibi est récent, du siècle dernier précisément, les habitations ont de tous temps connu un local si petit, si trivial, qu’il ne méritait pas l’appellation pièce.
La plinthe, au pied du mur.
Elle en a parcouru du chemin, la plinthe, depuis les colonnes attiques jusqu’au bas de nos murs ! De Crésus aux temples athéniens en passant par un appareillage médical, comment la plinthe a-t-elle pu se retrouver au bas de nos parois intérieures, protection quasi indispensable à nos cloisons modernes dont la résistance laisse souvent à désirer ? Ce que nous allons découvrir en commençant par l’orthographe du vocable, maudite par des générations d’écoliers.
Le patio, une cour parmi d’autres ?
Vocable indispensable à la panoplie lexicale du pédant qui n’en peut mais, le patio sublime la moindre courette, illustration d’un luxe antique voguant entre péristyle grec et atrium romain. Que d’aucuns confondent allègrement avec une entrée, abusés par la situation du patio de la domus impériale, dans la continuité du vestibule.
La superficie métrée de son appartement, une évidence ?
Quand on pense, ça n’est pas si vieux !, aux difficultés rencontrées par les Français lors du passage du Franc à l’Euro, on entrevoit à peine ce que fut l’adoption du système métrique. Faut avouer que la gageure se révélait de taille : faire fi de centaines de mesures différentes en usage dans notre pays au profit du mètre et du kilogramme, et adopter la numération décimale (à base dix) aux dépens de la duodécimale (à base douze). Une conversion qui ne se fit pas en un jour.
La girouette, figure du coq gaulois ?
Qui aurait pu croire qu’une simple recherche étymologique d’un vocable propre au monde de l’immobilier pouvait à la fois susciter autant d’interrogations et remettre en question tant de certitudes ? La girouette, le coq, la Gaule, autant de mystères dont la glose populaire offre des explications pour le moins contestables, qui méritent un éclairage rationnel.
La peinture, une histoire d’artiste en bâtiment.
Si la plaisanterie éculée de l’ouvrier qui joue l’artiste en ne précisant pas qu’il est du bâtiment (en tout bien, tout honneur) ne fait plus rire quiconque, elle devrait pourtant amener à réfléchir car, comme nous allons le découvrir, l’artiste peintre et le peintre en bâtiment n’ont fait qu’un seul homme tout au long de l’Antiquité et pratiquement jusqu’à la Renaissance.
La moquette, vraie carpette ou faux tapis ?
Une moquette découpée se transformerait-elle en tapis qui, lui-même réduit à la portion congrue, donnerait naissance à la carpette ? Le confort de nos pieds ne serait-il qu’histoires de dimensions ? Pas si sûr ! D’autant que l’origine de ces vocables se perd quelque peu dans les méandres des emprunts à l’étranger. Mais rapprochons-nous du plancher pour tirer cela au clair.
L’hypothèque, une antichrèse singulière.
Difficile d’aborder les subtilités lexicales du nantissement sans prendre le risque d’ennuyer le chaland. Et pourtant, revisiter l’histoire de l’hypothèque, du gage et de l’antichrèse réserve quelques surprises, le précepte ne datant pas d’hier. En constatant au passage que le jargon juridique semble bien s’encombrer de difficultés inutiles.

