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L'auvent, bien avant la marquise.

Par Pierre Grammat
Auvent

Au fil des millénaires, les architectes ont su rivaliser d'ingéniosité et d'inventivité à un point tel que le vocabulaire afférent regorge de subtilités parmi lesquelles il n'est pas toujours simple de se retrouver. Et notre sujet du jour en est un exemple frappant car comment définir avec précision cette petite avancée de toit qui protège des intempéries le visiteur au seuil d'une porte d'entrée ?

 

 

 

 

 

Un auvent, une marquise, un porche, un abat-vent… Voire un perron couvert ou un avant-toit ? Une bonne occasion de faire la lumière sur cet abri salvateur.

 

 

 

 

Une étymologie complexe.

 

Les meilleurs étymologistes se sont arraché les cheveux à retracer l’histoire du terme « auvent » et il semble que plusieurs pistes s’avèrent ; dont la plus probable ou, en tout cas, la plus plaisante, voudrait qu’il soit issu du gallo-romain andebanno qui décrit les cornes que les Gaulois aimaient à placer sur les parties saillantes de leurs maisons. D’autres chercheurs, plus prosaïquement, avancent que les mots latins ante et ventus en seraient l’origine. Ce qui n’est pas forcément compréhensible quand on sait que son orthographe a évolué tout au long des siècles, passant notamment par auvant , avant-vent, ou même anvan en patois provençal. Bref, l’histoire n’est toujours pas tirée au clair et nous devrons nous contenter de ces explications.

 

 

 

 

auventSe garantir des intempéries.

 

D’un point de vue strictement architectural, l’auvent est un petit-toit placé au-dessus d’une ouverture au rez-de-chaussée (porte ou fenêtre) pour garantir des intempéries ceux qui entrent ou sortent. Un auvent qui se distingue clairement du porche puisqu’il est suspendu au mur alors que ce dernier est porté par des colonnes.

 

 

 

 

Depuis le haut Moyen-Age, les boutiques et les édifices publics (hôpital, asile, couvent) présentaient des auvents attachés à des potences, formant ainsi appentis pour rejeter les eaux pluviales au milieu de la rue, et offrir ainsi un abri aux clients et aux usagers. Evidemment, ces auvents se composaient le plus souvent de matières légères (ardoise, bois, voire toile) et n’ont guère résisté à l’usure du temps. Si ce ne sont les corbeaux, ces grosses pierres mises en saillie sur les murs pour soutenir les potences de l’auvent, et que l’on découvre encore aujourd’hui au hasard des vieilles rues de notre pays.

 

De nos jours, l’auvent décrit le plus souvent ce petit toit au-dessus des boutiques, fait de toile mais aussi en dur parfois, qui protège les chalands de la pluie, mais surtout les marchandises des rayons ardents du soleil.

 

 

 

 

Belle marquise…

 

Etymologiquement, la marquise n’a évidemment rien à voir avec une épouse nobiliaire mais provient du bas latin marca (borne, limite) qui est devenu, en français, marche, et que la prononciation picarde transformera en marque. D’ailleurs, en vieux français, on disait « marchise ».

 

auventA l’origine, une marquise se constituait d’une toile tendue au-dessus de la tente des officiers de l’armée pour les protéger des intempéries (ce que les campeurs, aujourd’hui, nomment « double toit ») avant de se réduire à la couverture de l’entrée de ladite tente. Une toile à rayures qu’on disait « marquée de raie » par opposition au tissu uni ; et que le langage populaire sut raccourcir en « marquée » puis, par corruption plaisante, en « marquise ».

 

Ensuite, le terme vint à désigner les toiles tendues sur le pont d’un bateau, voire dans un jardin. Au fil du temps, l’abri de tissu se rigidifia pour devenir une simple déclinaison de l’auvent.

 

Dans l’un de ses ouvrages, Viollet-le-Duc nous explique, fort joliment, la définition de cette sorte d’auvent : « Lorsqu'on renonça aux chaises à porteurs pour ne plus se servir que des carrosses, ceux-ci ne pouvant pénétrer dans les vestibules, il fallut modifier le programme des entrées d'honneur; établir des auvents formant saillie en dehors de ces vestibules, afin de préserver les arrivants de la pluie et des bourrasques; ce qui fut fait. On donna à ces auvents le nom de marquises. »

 

 

 

Histoires d’avant-toit.

 

Pour résumer ce qui précède, on comprendra qu’à l’origine, les deux termes décrivaient sensiblement la même chose, à savoir une toile qui garantit contre les ardeurs du climat. Mais aujourd’hui, on les différencie quelque peu : l’auvent est un avant-toit, cette petite pente en saillie d’un mur qui évite que les eaux pluviales ne s’écoulent sur la façade du bâtiment, mais cette fois placée au-dessus de la porte d’entrée.

 

Une acception qu’on retrouve aujourd’hui encore chez les campeurs pour décrire l’abri de toile qui protège l’entrée de la tente, rejoignant ainsi, d’une certaine façon, l’origine du mot « marquise ». Même si cette dernière reste aujourd’hui réservée à cette sorte d’auvent vitré placé au-dessus d’une porte d’entrée d’un bâtiment ou du quai d’une gare.

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